Journées d’études « Design et art contemporain »

L’après-midi du mercredi 23 mai et toute la journée du jeudi 24 mai 2012.
Salle 2,
Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine,
10, Esplanade des Antilles,
33607, PESSAC
Depuis le triomphe du Pop Art dans les années soixante, la hiérarchie entre le grand Art et les arts dits mineurs, d’agrément ou industriels s’est effondrée. Comme le dit Danto : la fin de l’art est la fin de l’art ; il n’y a plus d’autre endroit où aller. Si on peut comprendre cette formule sibylline de plusieurs manières, dont la Phénoménologie de l’Esprit hégélienne et l’éternel retour nietzschéen dessinent les contours, il est manifeste que le monde est devenu un monde de l’art « gazeux » (Michaud), « ludique » (Mafessoli), « dévoyé » (Foster relisant Loos), « cynique » (d’Adorno à Sloterdijk en passant par Baudrillard, Clair ou Foster) et « gazé » (Crébillon, Lafargue).
Et, dans ce monde de l’art sans autres frontières que celles, invisibles, de l’argent, ce sont les designers qui donnent le ton à des artistes privés de « compétences » par le procès iconoclaste de la modernité qui abat les Écoles des Beaux-Arts au nom de l’art (plastique) en général après avoir tenté de faire des artisans les véritables artistes d’un société juste (de Morris au Bauhaus en passant par Malevitch, Taraboukine ou les constructivistes russes).
Ce bouleversement (éternel retour ?) favorise aujourd’hui l’avènement d’artistes-designers-businessmen (de Warhol à Murakami en passant par Chalayan, Starck ou Tokujin Yoshioka) ayant des intentions artistiques (Kunstwollen), méthodes de travail, stratégies de production, modes de diffusion commerciale ou des traits d’esprit (cosa mentale, pointe) très comparables à ceux de chefs d’entreprises mais aussi des bâtisseurs de pyramides, temples, églises et autres Léonard, Raphaël, Michel-Ange, Rubens, Lebrun, etc…, de nouveaux concepts comme ceux de « reproductibilité technique » (Benjamin, Despond-Barré, Stiegler), « design de masse ou distinctif » (de Bourdieu à Assouly), « design total » (de Loos à Stiegler en passant par Beuys et Warhol), « antidesign » (Colombo), « anarchitecture » (Matta-Clark, Price), « anti-ornement » (Loos, Foster), « no design » (Boris Groys et Peter Sloterdijk à la Hoschschule für Gestaltung à Karlsruhe), « design-art » (Alex Coles ), « re-design » (Alchimia, Mendini), « usage geste et effet de design » (Simondon, Certeau, Stiegler, Vial), « bon design » (Papanek, Starck, Stiegler, Thackara), « design social ou démocratique (de Morris à Stiegler en passant par Simondon, Groys, Beuys ou Warhol), « design intelligent ou de pointe » (Pesce, Hatchuel, Erlhoff), « design-tension pour la vie » (de Moholy-Nagy à Huyghe), « auto fictio-design » (de Foucault à Groys en passant par la somæsthétique de Shusterman et la Queer theory), la fusion d’Écoles d’art et de design (Genève, Saint-Étienne, etc.), de galeries d’art qui (cf. le fameux show de Ron Arad à la galeries Gagosian de NY, 2007) exposent du design et des galeries de design qui exposent des œuvres d’art, sans oublier les installations d’ « art-design » des frères Campana.
(Source)
















